Nouveauté :

NOUVEAUTÉ:

Carnet d'un marcheur prend un nouvelle direction.

lundi 10 janvier 2011

jour 2 : Une soirée à Portneuf


Nous disposons pour la nuit d’un vaste espace de gazon, d’un stationnement et de deux tables d’extérieures. Nous avons donc l’embarras du choix pour trouver en endroit où monter le campement. Une fois notre tente montée, et les sacs à l’abri sous la bâche, nous sommes amusés par la situation. Notre campement semble minuscule comparée aux installations de nos voisins. Nous sommes entourés de roulottes gigantesques. La plupart d’entre eux ont emménagé leur terrain comme si c’était leur maison.

Après s’être bien installé pour la nuit, je décide d’aller prendre une douche au bloc sanitaire. Je n’ai pas de savon mais me rincer sous l’eau me fera grand bien. Je dois insérer une pièce de deux dollars pour que l’eau jaillisse de la pomme de douche. Une fois bien rincé, l’eau continue encore de couler. Je décide donc de rincer mon chandail aussi. Dehors, le soleil semble vouloir sortir. J’espère donc avoir le temps de le faire sécher avant la prochaine averse. Une fois nettoyé, j’étends ma serviette et mon t-shirt sur une corde. Nous relaxons encore un peu et nous décidons d’aller prendre un bon repas au restaurant du camping.

Sachant très bien qu’il serait déplacé d’aller au restaurant torse nu j’enfile mon t-shirt encore bien humide. Je compte sur la fibre synthétique avec laquelle il est tissé pour sécher rapidement. À peine arrivés au restaurant, les nuages reviennent et le vent se lève. Il est clair qu’il va pleuvoir. Je pense à ma serviette étendue sur la corde. Tant pis, elle sera mouillé. Nous nous asseyons à l’intérieur de la salle qui sert à la fois de salle à manger, de salle danse, et de salle communautaire. La température chute subitement de quelques degrés en peu de temps. Je suis maintenant très inconfortable avec mon t-shirt humide qui me colle à la peau. Je vais donc aux toilettes en espérant y trouver un séchoir. Il y en a effectivement un et est d’un modèle très performant. Ayant toute la soirée devant moi, je décide de sécher mon t-shirt peu importe le temps qu’il faudra. Une quinzaine de minutes plus tard, je sors des toilettes satisfait et portant un t-shirt totalement sec.

Nous examinons le menu et je commande à la dame du restaurant un spaghetti avec salade césar. La nourriture est excellente et c’est d’ailleurs ce qui nous avons besoins pour reprendre des forces afin d’affronter la journée de demain. Durant le souper, je demande à mon compagnon s’il a éprouvé les mêmes problèmes avec ses jambes durant ses expéditions en montagnes. Il me dit que les expéditions dans les Andes et l’Himalaya ont été plus faciles que le voyage que nous sommes en train de faire. Je suis estomaqué, je lui dis que c’est impossible car nous sommes au niveau de la mer. C’est alors que j’apprends un détail que j’ignorais jusqu’à maintenant. Les occidentaux qui montent des montagnes célèbres ne portent pas leurs équipements. Ce sont des porteurs locaux qui portent tout. De plus, ce sont les porteurs qui montent le campement et préparent les repas.

Dehors, la pluie s’est remise à tomber à grande eau. Nous attendons un moment qu’elle perde de son intensité pour rentrer au campement. De retour à la tente, je vois ma serviette dégoulinante sur la corde. Je la laisse là, n’ayant nulle part d’autre où la mettre. Nous rentrons dans la tente et soignons nos douleurs aux jambes.

Une fois couché, je suis satisfait du déroulement de la journée. Il est clair maintenant que marcher à la campagne est de loin plus agréable que de marcher en ville. Je suis aussi fier de voir que nous nous sommes rendus aussi loin en marchant. Demain, un ami de Portneuf nous attend chez son père, nous aurons donc un endroit sûr où passer la nuit. Je suis aussi enthousiasme de rencontrer un ami sur ma route.

Nous retournons à la tente peu avant le coucher du soleil. Nos corps étant très fatigués nous décidons de nous coucher immédiatement. Je m’endors une fois de plus avec le bruit de la pluie tombant sur la tente.

mardi 4 janvier 2011

Jour 2 : Le camping panoramique




Nous parcourons la route qui sépare Cap Santé et Portneuf sans aucun problème. Mon compagnon ayant maintenant un bâton, se porte beaucoup mieux. De plus, la température se met enfin de notre côté. Le ciel reste couvert mais plus la journée avance, plus nous avons droit à des éclaircies. Le décor est magnifique. Nous sommes entourés par des champs verts, des boisés et le Fleuve qui nous indique toujours la direction à prendre.

Après quelques heures de marche, entrecoupées de courtes pauses, nous apercevons le clocher d’une église. Pas de doute, c’est celle du village de Portneuf. Nous nous arrêtons le long de la voie ferrée et j’en profite pour prendre quelques photos. Quelques minutes plus tard, nous repartons sachant que la journée de marche s’achèvera bientôt. Nous constatons que l’église paraît beaucoup plus proche qu’elle ne l’est en réalité, car presque une heure est nécessaire avant d’atteindre le village.

À ce moment, je sais qu’il y a un terrain de camping à Portneuf nommé le Panoramique. Nous nous mettons d’accord pour passer la nuit à cet endroit. Nous voulons dormir dans un endroit sécuritaire et peut-être aussi pourrions-nous bénéficier d’un bloc sanitaire. À l’entrée du village, nous apercevons le casse-croûte Le King. Nous décidons de rentrer à l’intérieur pour demander où se trouve le camping. Le casse-croûte Le King est décoré de façon rétro, avec un juke-box et des photos des voitures anciennes. Les employés sont vêtus à la mode des années 50 est sont très sympathiques. Ils nous indiquent avec plaisir le chemin du terrain de camping. Nous nous asseyons à une table pour manger quelque chose.

La serveuse nous apporte des menus. Nous choisissons la salade de poulet. Comme breuvage, je choisis un coke. Chose étrange car je ne bois presque jamais de boisson gazeuse, mais à ce moment j’ai une envie mortelle d’en boire une. J’avais peut-être une carence en sucre raffinée, qui sait. Peu de temps après, la serveuse nous apporte nos salades et nos breuvages. Nous sommes très satisfaits par le repas qui nous est servi. La salade de poulet porte bien son nom. Elle est garnie de plusieurs beaux morceaux de poitrines de poulet, de poivrons, oignons et j’en passe. Tout ça pour moins de cinq dollars. Jamais nous n’aurions pu trouver meilleurs prix dans un restaurant de Québec. Nous mangeons donc, presque en silence, ce repas de roi qui se trouve devant nous.

Une fois notre repas terminé, une jeune serveuse, qui ne devait pas avoir plus de 17 ans, vient débarrasser notre table. Soudain, un client ouvre la porte et un fort courant d’air soulève la robe de la jeune fille à la Marilyn Monroe. Nous la comprendrons, elle devient rouge comme une tomate. Nous faisons des efforts surhumains pour ne pas éclater de rire, ne voulant pas embarrasser d’avantage la jeune serveuse. Toutefois, nous trouvons cet événement très cocasse.

Ensuite, nous réglons la facture et nous nous dirigeons vers le camping Panoramique. Comme d’habitude, les gens du casse-croûte avaient sous-estimé la distance. Mais, nous commençons à être habitués et nous avons seulement 1 kilomètre supplémentaire à parcourir. Afin d’atteindre le camping qui est perché en haut d’une crête, nous devons monter une côte. Situé à son pied de la crête, il y a une pâtisserie dont les odeurs nous font saliver de désirs. Malheureusement, il sera trop tôt demain matin lorsque nous partirons, pour arrêter s’acheter quelques gâteries pour déjeuner.

Une fois la côte montée, nous atteignons l’entrée du camping. Afin de rentrer dans le camping, nous devons nous présenter au gardien à l’intérieur de la guérite pour qu’il nous assigne un terrain. Surpris de voir deux personnes à pied, le jeune homme responsable de l’accueil nous semble un peu déstabilisé. Nous lui disons que nous voulons louer un terrain pour la nuit et que nous avons une tente. Il regarde ensuite les terrains disponibles et nous dit que seuls quelques terrains pour motorisés sont disponibles. Nous n’avons aucune objection seulement que l’entrée d’eau et l’électricité ne seront pas nécessaires. Un peu confus par la situation, il appelle sa supérieure qui pourra sans doute faire baisser le prix du terrain. Peu de temps après, une jeune femme vient à notre rencontre et nous invite à la suivre dans son bureau. Nous lui expliquons notre situation et lui dit que nous serons partis demain très tôt. Elle nous propose donc le terrain 446 qui est adjacent au bloc sanitaire, au prix de 34$ chacun. Nous acceptons et nous nous dirigeons vers notre terrain.